Fibre digestible: précieuse source d’énergie

Depuis fort longtemps, nous savons très bien que le maintien d’un système digestif en santé chez le cheval requiert un apport essentiel en fibres. Qui dit fibres dit bien souvent herbe fraîche ou foin sec puisqu’ils en sont la source la plus naturelle.


Tout d’abord, bien définir la fibre

Parler de fibres, c’est considérer les éléments structuraux de le paroi cellulaire des plantes. Ils sont un peu comme le squelette des végétaux qui supporte la plante. Les principales composantes: de cette fibre sont la cellulose, l’hémicellulose et la lignine. Ce: polysaccharides (longue chaîne de glucose) sont des fibres insolubles dans l’eau.


Pour leur part, les fibres solubles sont représentées par la pectine et les mucilages.


Mieux comprendre sa digestibilité…

Le cheval en lui-même ne peut digérer les fibres. Ironique vous me direz, c’est un herbivore. Pourtant, les faits sont bien réels. La partie fibreuse des fourrages résiste à la digestion enzymatique de son système digestif. Heureusement, la vaste population microbienne qu’il abrite dans son intestin postérieur son allié. Cette flore microbienne transforme, par fermentation, la cellulose et l’hémicellulose en acides gras volatiles (AGV). Ces derniers seront par la suite très bien absorbés par le cheval et utilisés comme source d’énergie.


Schéma 3.1. Physionomie de la cellule végétale


Par contre, la lignine est un composé complexe totalement indigestible autant par le cheval que par la microflore bactérienne. Ce type de fibres donne la rigidité aux parois des cellules végétales. On la compare bien souvent à la fibre du bois. Par conséquent, un fourrage riche en lignine sera de faible digestibilité.


Hautement variable

Contrairement aux grains, dont la teneur en fibres est peu variable, celle des fourrages fluctue considérablement en quantité et en qualité. Plusieurs facteurs en sont la cause, mais celui qui vole bien souvent toute l’attention n’est nul autre que le stade de croissance des végétaux.


Les plantes ont deux stades de croissance soit le stade végétatif où il y a élongation des tiges et multiplication des feuilles (ratio feuille/tige supérieur à 1), puis le stade reproductif. Au cours de cette phase, le taux de lignification des tiges s’intensifie pour assurer la rigidité nécessaire à leur croissance et le support des

inflorescences assurant la survie de l’espèce. La digestibilité de la fibre diminue alors considérablement puisque le taux de lignine devient très élevé, et la proportion des feuilles (très digestibles) comparativement! à celle des tiges, diminue (devient inférieure à un). A titre d’exemple, il suffit de penser à la fibre de la paille qui est peu digestible et à l’autre extrême, celle de l’ herbe très jeune, hautement digestible et appétante.


Le fourrage qui aura le meilleur potentiel énergétique pour votre athlète sera récolté avant la floraison des végétaux. On est loin de la recherche du foin de mil riche en inflorescences et par conséquent, fibreux, moins digestible et peu calorique. La digestibilité d’une plante atteint 80 % au stade végéta tif, mais se situe davantage

en dessous de 50% lorsqu’elle est mature.


Des chiffres qui parlent.

Une évaluation visuelle des fourrages reflète sensiblement la qualité de la fibre; feuilles abondantes, tiges fines et peu d’inflorescence. L’évaluation se précise lorsqu’elle est appuyée sur des valeurs quantitatives par l’analyse d’un laboratoire certifié. Trois valeurs d’analyse sont à considérer pour évaluer la fibre du fourrage :

  • La fibre détergente acide (ADF) mesure la cellulose et la lignine. C’est un indicateur de digestibilité. Plus elle est basse, meilleure est la valeur énergétique du fourrage.
  • La fibre détergente neutre (NDF) exprime le contenu total en fibre : cellulose, hémicellulose et lignine. Sa valeur est associée à l’encombrement du fourrage et son potentiel de consommation.

MATURITÉ

ADF

NDF

ÉNERGIE DIGESTIBLE (Mcal/kg)

Végétatif (feuilles)

31.5

49.6

2.35

Début épiaison

36.4

55.1

2.19

Pleine épiaison

42.1

62.5

2.08

(Adapté de NRC, 2007)


  • La valeur alimentaire relative (VAR) reflète la qualité d’un fourrage. Plus elle est élevée, meilleure est la digestibilité des fibres et leur consommation. Ce type de fourrage apporte plus de nutriments au cheval pour combler ses besoins énergétiques et en conséquent, la quantité de moulée nécessaire sera moins importante.


Pour un fourrage de qualité, recherchez une valeur ADF entre 30et 35%, NDF entre 40 et 50% et VAR supérieure à 120 .


Sélectionner selon les besoins

Nourrir un cheval avec bienveillance, c’est lui offrir en tout temps, une source de fibres digestibles de qualité bien appropriée à ses besoins. Les foins jeunes, riches en fibres digestibles et énergétiques seront idéals pour les chevaux dont les exigences nutritionnelles sont élevées; jument allaitante, poulain en croissance ou cheval de performance. Toutefois, ils devront être remplacés par un foin plus mature, moins riche en énergie pour le cheval adulte à l’entretien ou peu actif, afin d’éviter l’embonpoint et les problèmes connexes.


En résumé…

Au-delà de ses fonctions physiques sur le confort digestif, la fibre digestible d’un fourrage de qualité représente en réalité une source inestimable d’énergie. Valoriser et faire davantage confiance à cette fibre, si précieuse, devrait être notre but ultime dans le choix des fourrages, en respect de la nature du cheval…un herbivore.

Nature Belisle

196, Chemin des Patriotes

St-Mathias-sur-Richelieu, Québec CANADA J3L 3S3

Tél.: 450-658-8733

Sans frais: 1 800 361-7082

comptoirsnature@belisle.net