ABC de la vitamine E

Bien que la vitamine E soit requise seulement en infime quantité dans le corps, c’est un nutriment vital pour la santé et le bien-être du cheval;

de plus, ses fonctions antioxydantes sont bien connues en nutrition équine.

Voilà pourquoi elle mérite notre attention.

Les vitamines se classifient en deux familles distinctes; hydrosolubles et liposolubles. De par sa solubilité dans les lipides (gras), la vitamine E fait partie du second groupe. En fait, la vitamine E est un terme générique qui comprend quatre tocophérols et quatre tocotriénols. Parmi ces composés naturels, d’origine végétale, la forme la plus active biologiquement est I’ alpha-tocophérol.

Action puissante d’antioxydant

La vitamine E est un contributeur important de la fonction immunitaire et supporte l’intégrité des systèmes reproducteur, musculaire, circulatoire et nerveux. Mais au-delà de ces multiples propriétés, son rôle principal est d’être un antioxydant biologique très efficace. Sa nature liposoluble lui permet de s’incorporer dans les membranes cellulaires où elle empêche l’oxydation des gras insaturés. Elle protège les cellules des tissus corporels contre le fléau des radicaux libres (déchets organiques) et du stress oxydatif dont les dommages chez le cheval se traduisent parfois par des signes de fatigue, d’inflammation ou de douleur musculaire.

Besoins; quel est l’optimum?

Le besoin absolu en vitamine E chez le cheval est influencé par sa taille, son âge, son stade reproductif et son niveau d’activité. Il est supérieur chez les jeunes poulains, les juments, les étalons et en particulier les chevaux de performance.

Les exigences minimales en vitamine E établies par le NRC (2007) pour un cheval adulte, sont de 50 Ul/ kg de matière sèche ingérée, soit 1 Ul/kg de poids corporel. Pour les poulains, les juments poulinières et les chevaux de performance, l’exigence est de 80 à 100 Ul/kg de matière sèche ingérée, donc 1,6 à 2 Ul/kg de poids corporel.

Les quantités idéales pour une performance optimale ne sont pas établies avec précision. Mieux les connaître nous permettrait de restreindre les plages de recommandations et ainsi minimiser les frais d’une supplémentation excessive. Certains nutritionnistes recommandent de 1 000 à 2 000 UI par jour pour le cheval adulte, 5 000 UI par jour pour les juments poulinières, le cheval au travail ou âgé, et des niveaux allant jusqu’à 10 000 UI par jour chez les chevaux exprimant des problèmes neurologiques. Un apport élevé en vitamine E n’est pas un gage de la meilleure performance, mais une quantité inférieure aux besoins optimums de votre cheval peut limiter ses per formances.

Comment répondre aux besoins?

La vitamine E ne peut être synthétisée par le cheval. Son alimentation quotidienne est la seule possibilité d’apports.

Les pâturages verts et luxuriants sont les sources naturelles par excellence d’alpha-tocophérol pour le cheval. Un accès en tout temps à ce type de pâturage permettra de répondre aux besoins de celui qui est au travail léger. Par contre, si le cheval est à l’écurie et que les disponibilités d’herbes fraîches sont restreintes, parfois même nulles selon la saison, la situation est très différente. Une supplémentation fortifiée en vitamine E naturelle ou synthétique devient alors nécessaire, surtout s’il a une carrière d’athlète.

L’alpha-tocophérol est sensible à la chaleur, à l’air et à la lumière. La récolte des fourrages peut occasionner une perte de 30 à 80 % de l’activité de la vitamine et se poursuivre pendant l’entreposage. Le contenu en vitamine E des fourrages réduit rapidement avec la maturité des plantes, par contre il est plus élevé pour la luzerne comparativement aux graminées. Pour leur part, les céréales (avoine, maïs, orge) sont pauvres en vitamine E mais d’autres aliments tels que l’huile de germe de blé, l’huile de soya pressée à froid et le son de riz stabilisé en sont d’excellentes sources.

Déficiences; quels sont les signes?

Les carences peuvent être occasionnées par un apport alimentaire insuffisant, une absorption inadéquate ou une mauvaise utilisation. Elles sont à l’origine de différentes maladies nerveuses, musculaires ou neuromusculaires. Entre autres, on observe la myéloencéphalopathie équine dégénérative (EDM), la maladie neuromotrice équine (EMND) et la myopathie nutritionnelle du poulain. Les symptômes d’une déficience sous-clinique sont souvent les plus fréquents; affaiblissement du système immunitaire, problèmes de reproduction, faible taux de croissance chez le poulain ou tout simplement de faibles performances.

La vitamine E n’est pas considérée comme toxique. Seul un maximum conservateur de 1 000 Ul/kg de matière sèche est recommandé afin d’éviter qu’elle interfère avec l’absorption de certaines autres vitamines liposolubles.

Brièvement,

La vitamine E représente un pilier pour la santé du cheval grâce à son puissant pouvoir antioxydant. Elle contribue à l’amélioration des fonctions immunitaires et musculaires, tout en optimisation les performances et le bien-être de l’athlète équin. Ces multiples avantages l’emportent bien souvent sur les coûts. Par contre, les pâturages verdoyants et les fourrages jeunes de qualité en seront toujours la meilleure source : naturelle et facile à administrer!



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