LA VITALITÉ, POUR UN BON DÉPART!

par Sophie Gauthier, agr
Directrice générale

LA FIN DE LA GESTATION, UNE PHASE À NE PAS NÉGLIGER

Bien que les besoins alimentaires requis pour les premiers mois de la gestation chez la femelle gravide, ne soit guère bien différent de ceux de l’animal à l’entretien, il en est tout autre pour les deniers mois de la gestation. En fait, le dernier tiers de la gestation est la phase où le fœtus se développe le plus rapidement et où il soutire de la mère, la plus grande quantité de nutriments nécessaires à son développement. C’est à cette période que le fœtus gagne drastiquement près de 60 à 70 % du poids qu’il aura à la naissance. L’apport en nutriments doit alors à la fois gérer les besoins du fœtus et celui de la mère.

Au cours de la gestation, favoriser une ration équilibrée reposant sur un fourrage de qualité moyenne et bien complémenté en minéraux et vitamines est largement suffisant et ce autant pour l’espèce bovine, caprine, ovine ou équine. Toutefois en cette période où la croissance du fœtus est considérable, l’espace qu’il occupe dans la cavité thoracique prend de plus en plus de place, créant une pression et laissant ainsi moins d’espace pour le système digestif. Le niveau de consommation en est, par conséquent, réduit. On se retrouve alors dans une phase de dilemme où la capacité d’ingestion est limitée par la présence du foetus et où les besoins de la mère gestante sont les plus élevés… Un ajustement de la ration s’avère donc essentiel pour couvrir ces besoins nutritionnels qui sont à ce moment-là, accrus. Intervenir sur la qualité de l’alimentation plutôt que sur la quantité devient ainsi l’une des seules alternatives. En d’autres mots, il est important de concentrer la ration par des fourrages de qualité accompagnés d’un complément alimentaire adaptés aux besoins de la femelle gestante.

Vous serez donc d’accord avec moi, si j’affirme que s’il y a une période durant la gestation ou il faut mettre un effort pour élever le niveau de nutrition, c’est réellement à ce moment-ci ! La littérature appuie aussi ces dires en précisant qu’une alimentation inadéquate à ce stade peut affecter la vigueur du veau, sa santé, sa survie et ses performances ultérieures.

Par conséquent, au cours de cette phase, les besoins accrus en calories, protéines, minéraux et vitamines se doivent d’être comblé à la fois pour l’animal à naître que pour la mère qui doit se préparer pour sa future production laitière. À titre d’exemple, une ration qui à cette étape, serait déficiente en énergie, occasionnerait une perte des réserves corporelles de la mère résultant en une diminution du colostrum et de la production de lait subséquente. Le tout, représentant des facteurs très compromettant pour la vitalité de la future progéniture.

La fin de la gestation est aussi une période très exigeante au niveau des besoins en protéines. La qualité des protéines doit être suffisante et bien équilibrée en acides aminés afin de soutenir la synthèse des tissus requis pour le développement du fœtus et pour la préparation de la future production lactée de la mère. 

Bien entendu les apports en minéraux et vitamines au cours de cette phase sont tout aussi essentiels. En aucun cas, on ne devrait les négliger car, avec les protéines, ils sont les nutriments dont les besoins sont les plus fortement sollicités en fin de gestation.

En pratique, pour la fin de la gestation, on conseille de prioriser

1. Un état chair adéquat c’est-à-dire qui évite l’embonpoint, mais qui traduit bien que la ration répond aux besoins de la fin de gestation sans amaigrissement. Chez la jument on vise une cote de chair autour de 6 sur une échelle de 1 à 9 et pour la vache, la brebis et la chèvre on parle d’une cote de chair de 3,5 sur une échelle de 1 à 5.

2. Un apport adéquat en énergie et protéines de qualité. Pour les juments, on propose la moulée juments 16%. Pour les chèvres, la moulée chèvre laitière et pour les bovins et les ovins on recommande un apport en grains de maïs, orge pour combler les besoins plus élevés en énergie que les fourrages ne savent pas faire à ce moment-là. Si un apport en protéines est jugé nécessaire, le soya Bélisle sera un ingrédient de qualité à considérer.

3. Choisir une bonne complémentation en minéraux et vitamines

Chez Nature, on privilégie les suppléments de minéraux et vitamines qui utilisent les meilleures biotechnologies dont les minéraux chélatés et une source de sélénium organique afin d’optimiser leur assimilation par l’animal. De plus, la formulation des suppléments en minéraux et vitamines est spécifique et bien équilibrée pour chaque espèce visée.

Juments : Minéral 16-10 ou 6-3 Liberté

Ovins : Minéral 7-3 SY

Caprins : Minéral Caprin 16-6

Bovins : Minéral vêlage SY

100 % du sélénium apporté par les minéraux recommandés en fin de gestation est sous forme organique puisque sous cette forme il peut être transféré de la mère au fœtus par le placenta et être entreposé dans les muscles. Une réserve pour les besoins futurs. La fin de gestation est une étape où le sélénium comporte de multiples bienfaits autant pour la mère que pour sa progéniture:

Améliore le statut en sélénium de la mère autour de la mise-bas : La gestation et la production du colostrum draine les réserves de sélénium de la femelle dans une période où elle en aurait le plus de besoin : la mise-bas.Le sélénium organique aide à reconstruire les réserves de la mère, lui permettant de rencontrer ses propres besoins et ceux de sa progéniture

·        Important pour la résistance aux maladies (mammites)

·        Moins de rétention placentaire

·        Nécessaire pour la reproduction future

·        Colostrum plus riche

Le sélénium organique dans la ration quotidienne en fin de gestation entraîne un meilleur statut en sélénium de la progéniture à la naissance

·        Nouveau-né plus vigoureux

·        Moins de dystrophies musculaires

·        Meilleure résistance aux maladies

En conclusion

Tout éleveur a pour objectif d’avoir de jeunes sujets en santé et vigoureux. Qu’il y ait une seule naissance ou plusieurs selon l’importance de l’élevage, il demeure impératif de gérer avec succès la phase de la gestation et tout particulièrement l’étape reliée au dernier tiers de celle-ci. La santé du nouveau-né ne se décide pas à partir du moment de la naissance mais bien dès l’étape de la gestation. Une alimentation appropriée en fin de gestation est un gage de réussite pour la croissance du fœtus, la préparation de la mamelle pour sa future lactation, la fabrication du colostrum et le début d’une bonne préparation à la mise-bas.